Une fois n'est pas coutume, quand un éminent intellectuel français, ancien conseiller d'un président de la 5eme république, et un rédacteur en chef d'un magazine américain, ancien membre d'un groupe de musique new wave sont sur la même longueur d'ondes. C'est ce que je viens de lire sur le blog d'Alban Martin. Jacques Attali et Chris Anderson ont parlé de l'industrie musicale (je rappelle que 5% de la musique se vend sur Internet aujourd'hui, avec comme leader iTunes pour le moment), et de ces transformations futures à l'ère du peer to peer et des plateformes reliants directement les artistes et leur public (myspace, bebo, etc). Petit résumé sur news.fr : (...) Deux des points de vue les plus enrichissants sont venus d'observateurs extérieurs. Lors d'une des conférences en anglais, Jacques Attali a développé une thèse iconoclaste à l'heure où l'industrie fustige les échanges gratuits de musique via les réseaux P2P (d'ordinateur à ordinateur). Pour l'ancien conseiller de François Mitterrand, aucun retour en arrière n'est possible: la musique est appelée à devenir gratuite. "Un contenu gratuit ne veut pas dire qu'il n'y a pas de modèle économique: les revenus viendront des concerts, de la publicité, de l'équipement" électronique, a prédit le Français, qui aborde ces questions dans son dernier livre, "Une brève histoire de l'avenir". Le rédacteur en chef de la revue américaine Wired, Chris Anderson, a défendu sa théorie de la "longue traîne" ("long tail"). Selon lui, la dématérialisation de la musique va mettre à bas la notion de top 50. Sans les contraintes liées à la vente physique et grâce à la variété de l'offre disponible en ligne, des morceaux anciens et plus obscurs peuvent devenir aussi rentables que les "tubes" actuels. "On va basculer d'un système avec peu de morceaux qui se vendent beaucoup à un autre avec des +hits+ qui, séparément, se vendront moins, mais seront plus nombreux", a-t-il dit. Les majors diront que le mode distribution, et la façon de consommer la musique change, que la vente sur le canal Internet ne cesse d'exploser, ce sur quoi ils auront raison, mais je pense qu'ils auraient tord de voir le medium Internet comme un simple canal de distribution, à l'heure où l'internaute peut rentrer directement en contact avec des artistes indépendants, via des plateformes telles que MySpace, ayant des millions d'utilisateurs avec très peu de budget marketing. Le futur de la musique est il le gratuit ? Qui peut réellement savoir, en tout les cas ce n'est pas le système actuel, une autre piste intéressante, la désintermédiation : Je vous invite à jeter un petit coup d'oeil au site www.snocap.com qui propose aux artistes de créer leurs boutiques, et vendre directement à leurs fans, sans intermédiaire ! Snocap a été fondé par l'ancien créateur de Kazaa, un des logiciels de peer to peer (téléchargement "illégal" de musique les plus connus au monde), et a signé un partenariat avec MySpace, pour mettre en place ces boutiques avec les 3 millions d'artistes recensés sur Myspace.
